Erwin TRUM

1928 - 2001



LA CRITIQUE

Extraits de presse.

Erwin TRUM est à l’évidence un grand artiste : celui qui sait unir une technique irréprochable et neuve à une imagination qui ne connaît pas de limites.

Jean luc CHALUMEAU - 2005

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TRUM qui posait comme à priori que la peinture n’est pas seulement image mais signes, avait trouvé dans le style qui fut le sien plus qu’une simple manière de s’exprimer, le catalyseur de ses émotions. Un langage pétri et modelé par une imagination constamment inventive et d’un naturel dispensateur de féeries. Tout cela ne serait rien s’il ne s‘était ajouté le « souffle poétique », et cette indéfinissable alchimie d’ombres mouvantes et de couleurs qui ont profité à toute son œuvre, édifiée contre le temps et bien faite pour lui résister.

André Greiner - 2001.

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On ne finit jamais avec Erwin TRUM de jouer avec les contradictions, des plus flagrantes aux plus mystérieuses. Ce peintre, à l’œuvre belle comme un chant grégorien, une cathédrale gothique ou une enluminure moyenâgeuse s’affirme bien de son temps par sa révolte contre les modes, les courants, les tabous et pourtant… Pourtant, Erwin TRUM avec son souffle d’humaniste, ses transpositions abstraites, sa culture malaxée par des civilisations qui se heurtent et s’entrechoquent, existe avec une originalité, une identité qui n’appartiennent qu’à lui. Les atmosphères sont intérieures, intellectualisées et, pourquoi ne pas le dire spiritualisées !

Odile Le Bihan - 1982

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Il y’a du miniaturiste et de l’enlumineur chez Erwin TRUM. Mais comme Altdorfer a pu peindre l’idée de la forêt, TRUM peint l’idée de féerie, l’idée du songe, l’essence des légendes.

Le Provençal - 1991

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Il serait réducteur de prétendre que les toiles d’Erwin TRUM sont abstraites, car son utilisation de la matière, de la ligne, de la couleur, ne sont pas là pour se satisfaire elles-mêmes. Œuvre traditionnelle, par le choix des supports (toile, bois), des outils (pinceaux), et de la technique (tempera) utilisés, mais encore en s’affirmant manifestement à travers l’héritage des siècles de peinture, elle n’en est pas moins impliquée incontestablement dans la pensée Contemporaine, au delà des modes.
D’illusion édifiante, chacun de ses tableaux meut au gré de l’imagination et de la projection de celui qui les regarde.

Véronique Fabre - 1987.

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« Botaniste » délicat, Erwin TRUM emploie pour ses jungles - elles sont maintenant des clairières - cette peinture à l’œuf qu’aimaient tant les maîtres anciens. Il fait fi de toutes les contingences, relève des reflets insensés dans des teintes précieuses, à faire damner les yeux sensibles aux nuances.

Le Républicain Lorrain - 1985

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Erwin TRUM a appartenu au club des vivants, tellement habité par ce désir de vie qu’il refusait d’enfermer une partie du monde dans un sujet et un cadre. Il cherchait simplement, humblement, dans chacune de ses toiles à rendre compte du chaos général qui l’inquiétait tant. Tentatives obstinées pour lui donner un début de forme, manière aussi pour lui d’organiser un peu sa révolte. Mais la question du sens l’habitait peu. Il refusait, pour s’y être frotté durement, les grands systèmes d’explication du monde. Son œuvre est le récit, assez pur, d’une destinée très humaine, la sienne.

François ERNENWEIN - 2005

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Quand l’œil s’aiguise aux peintures de TRUM, il se tapisse de la vision enchantée de tableaux d’Altdorfer, Cranach ou Grunewald, de Bosch aussi. Mais quand l’on écarte ces fortes images qui se lèvent dans notre mémoire, on voit que TRUM n’a pas représenté la bataille d’Alexandre et de Darius à Issos, qu’il ne figure rien, qu’il n’y a que taches de couleurs, ce qui, après tout, est la définition ultime de toute peinture. Alors d’où vient cette magie véritable, qui fait qu’on voit ce qui n’est pas montré, qu’on voit l’invisible ?
TRUM aurait-il renoué avec la tradition des icônes où la Présence est manifeste par-delà la représentation ?

Le Provençal - 1991

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TRUM connaît trop les ars moriendi et la nef des fous de Brant, publié à Strasbourg en 1494, illustrée avec des gravures de l’auteur et de Durer, pour ne pas avoir exploré toutes les aberrations des sens, à commencer par la folie. L’art roman et l’art gothique assimilés, les flamands aussi, ainsi que Schongauer et les peintres rhénans, TRUM a fait sienne une expression complexe et riche en récurrences. Ses portraits, peintures sur bois et travaux sur papier, traduisent, jusqu’au paroxysme, son sens ravageur de la dérision. Les rictus de TRUM dissimulent à peine une sensibilité d’écorché vif. Le soin si méticuleux apporté à la matière renforce la férocité du tendre message de Trum. Message évoqué, message suggéré ; Chacun le reçoit à sa propre mesure.

Odile Le Bihan - 2000

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L’univers apocalyptique toujours foisonnant, laisse les portes grandes ouvertes à l’imaginaire. De la famille des Bosch, Bruegel l’ancien, Callot, Odilon Redon, il suscite d’extraordinaires images de vierges en majesté, d’architecture, de lacs, de chevaliers, de personnages grouillants dans des paysages fantasmagoriques. Pourtant, ce sont des leurres. La réalité de la peinture de Trum est abstraite. Les références projetées par celui qui les regarde n’ont aucune matérialisation réelle. Tout est illusion, halo. La peinture de Trum est vraiment abstraite mais, tellement allusive.

Odile Le Bihan - 1991

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En fait ce qui compte le plus chez ce peintre qui a été précipité dans la peinture il y’a vingt-cinq ans, c’est la puissance interne. Celle que l’on devine lorsqu’il semble nous dire : « vous ne voyez pas ma pensée ? ».

André Greiner - 1983

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Rien ne se chiffre, tout se devine, s’élabore autour d’idées personnelles, autant de carrefours de civilisations, de courants picturaux et de poésie sous jacente. Avec une force démultipliée par les générations précédentes, Erwin TRUM partage un lyrisme dantesque, accroché au cœur même des choses et des êtres. Toutes les mémoires présentes animent l’œuvre de TRUM et lui donne une permanence qui ne relève ni de l’anecdote ni des modes.

Le Républicain Lorrain - 1984

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La peinture d’Erwin TRUM appelle une contemplation. L’âme, un peu effrayée, se plonge pourtant avec volupté dans un infiniment petit où les couleurs ne sont plus des couleurs, mais la matière touffue d’une vie en balbutiement, puis s’élève, dans le même mouvement, à l’immensité du ciel, des étoiles, de l’univers. Si l’on cherchait des mots, l’on se souviendrait de ce passage de la genèse qui essaie de décrire « l’esprit planant au-dessus des eaux ».

Roger Wiltz - 1987

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Erwin TRUM peint la vie et son autre face la mort. Il peint baroque parce que tout est baroque. C’est la danse macabre et le bal zoologique. D’un coté on voit la chair, de l’autre on devine le squelette. Chacun de ses tableaux est une fenêtre qu’il perce dans la paroi, cherchant, dans la solitude de son atelier, à oublier et à connaître le secret : comment du néant surgit l’être, et comment il y retourne. Alegria, alegria.

Roger Wiltz - 1985

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Déroutant, égal à lui même et toujours différent avec cette fuite en avant qui va au delà de l’expression dernière. Les mondes s’entremêles, les couleurs éclatent pour mieux se fondrent dans un foisonnement de touches ménageant les silences, les sons, les contrastes et les paradoxes. Car tout est beau mais rien n’est simple dans l’impression d’ensemble d’abord, puis dans les détails de l’œuvre lentement regardée.

Le Républicain Lorrain - 1984

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C’est une vision hantée de l’univers, sa vision d’une traversée mouvementée de son temps qu’exprimait Erwin Trum, creusant les visages, les questionnant jusqu’à en extraire une expression mêlée de stupeur autant que d’ironie sur le sens de la vie, la déraison d’être. Ses peintures reflètent un tourment, une exaltation allant du classicisme baroque, ses ors, ses pourpres, à l’action painting instinctive d’un Pollock. Singulière superposition par strates de l’acquis et de l’inné, vaste carte d’une exploration qui est celle, d’un peintre n’ayant eu d’autre choix qu’inventer, innover, questionner la surface pour faire émerger le fond.

Francis KOCHERT - 2005

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